Bravo d'abord à l'animatrice bien connue Isabelle Giordano de France Inter qui au milieu des multiples divergences constatées entre les invités, a su trouver les bonnes questions et témoignages pour illustrer la complexité du dossier du passage obligé à la télévision numérique. Si les consommateurs sont notamment inquiets du surcoût que va occasionner pour beaucoup le passage obligé à la télévision numérique, le GIP reste "droit dans ses bottes" et explique que le numérique est apprécié et voulu par les consommateurs, même quand ils ne sont pas aidés financièrement, citant les 3 millions de foyers qui tous les ans adoptent la TNT lancée en mars 2005. Il oublie toutefois de mentionner que ces migrations "non obligatoires" ont eu lieu dans un contexte favorable, à savoir là où la couverture de la TNT était assurée. Désormais la situation change, car c'est au moment où l'analogique s'arrête, que le nouveau problème posé est celui du passage "obligatoire" au numérique dans des zones qui sont loins d'être couvertes à 95% de la population comme l'exige la loi.

Le Président de France Télé Numérique ne semble pas bien connaître non plus son site d'information au public qui mentionne clairement dans sa rubrique "aides" que pour bénéficier des aides financières prévues pour s'équiper en adaptateur ou en installation d'antenne il faut qu'avant passage au numérique le foyer concerné s'engage à ne recevoir que les 6 chaînes hertziennes analogiques via une antenne râteau. Voir le site. La CLCV a raison, tel que le site le mentionne actuellement, les foyers raccordés à un service antenne analogique du câble ne disposant que des 6 chaînes nationales ne sont pas éligibles aux aides.

Enfin la réaction du GIP vis à vis d'un auditeur employé de TDF, la société qui diffuse majoritairement les chaînes de la TNT par les émetteurs terrestres, traduit l'ambiance plutôt électrique entre les acteurs qui opèrent dans le projet. Ce témoin a simplement souligné que l'Ardèche n'était même pas couverte à 50% par la TNT. C'était plutôt maladroit de répondre en public à cette personne que c'était parce que TDF n'était pas capable de suivre les objectifs fixés par la loi, les chaînes et le CSA et d'en rajouter une couche en rappelant que le seul intérêt de TDF dans cette affaire était de multiplier l'installation d'émetteurs numériques dans la mesure où progressivement la société va perdre ses revenus liés à la diffusion analogique.

Pendant ce temps là le représentant des fabricants de téléviseurs n'a pas vraiment pu en placer une, et c'est bien dommage car c'est le seul qui a tenté d'évoquer l'avantage du 16/9 et de la télévision haute définition en passant au numérique, un point complètement passé sous silence par les campagnes de communication sur le passage au numérique.

Quelle ambiance et quel spectacle affligeant !