Mieux vaut investir dans la 4G UMTS et/ou Wimax que dans la TMP (Télévision Mobile Personnelle)
Par Pierre, samedi 12 septembre 2009 à 11:21 :: Mobiles :: #236 :: rss
Que Nathalie Kosciusko-Morizet vienne défendre l'emprunt pour développer le très haut débit fixe (fibre optique) et mobile afin de préparer la France aux grands enjeux économiques et culturels de demain, on peut le comprendre, mais défendre une contribution publique pour sauver un projet mort né, dont la technologie commence à dater, et dont les perspectives économiques sont loin d'être garanties, est beaucoup plus contestable. Pourtant c'est bien ce qu'ont proposé Michel Boyon (Président du CSA) et Frederic Mitterand (Ministre de la Culture et de la Communication) qui ont demandé à ce que l'emprunt prévoit une part réservée au développement de la TMP, un projet retardé depuis deux ans, faute de modèle économique viable et d'intérêt marqué des grandes chaînes tv et des opérateurs télécoms.
On connaît les avantages et inconvénients d'une diffusion de la télévision mobile, que ce soit via un réseau point à point de type 3G et plus tard 4G, ou que ce soit via un réseau de diffusion point à multipoint type TMP. Les deux schémas suivants le montrent bien :
Transmission tv par réseau 3G
Diffusion tv mobile par réseau dédié TMP
La transmission de chaînes tv par le réseau 3G existe déjà . Sa limitation est technique car elle nécessite, le temps de la connexion, de geler une bande de fréquences relativement importante dans la cellule radio dans laquelle se trouve l'abonné désireux de se connecter à la télévision. Plus de personnes font appel à ce même service très haut débit dans une même cellule, plus l'encombrement est important et plus le réseau sature. La TMP est un réseau hertzien dédié différent du réseau 3G qui au lieu d'envoyer en streaming les chaînes tv demandées comme en 3G, les diffuse en permanence, comme c'est le cas pour la TNT. En intégrant ainsi simultanément dans les récepteurs mobiles le décodage des chaînes tv en provenance du réseau TMP et celui des autres services en provenance de l'opérateur télécom 3G (internet et téléphonie), on libére de l'espace sur les fréquences utilisées par le réseau 3G. C'est le seul gros argument pour aller dans le sens d'un mariage technique entre la 3G et la TMP, mais c'est un argument qui ne tient qu'à court terme.
En effet la 3G est en cours d'évolution vers d'autres normes plus performantes dans le très haut débit, comme l'UMTS ou le Wimax mobile, des normes prévues dans les futures générations de réseaux mobiles comme la 4G, déjà expérimentée aux USA et au Japon. Dans ces réseaux mobiles du futur l'usage de la bande passante et le débit des transmissions sont très nettement optimisés notamment par les progrès réalisés sur la compression des données et l'accès à de nouvelles bandes de fréquences. Ainsi sur un même réseau mobile on peut effectuer la véritable convergence du téléphone, de l'internet et de la télévision, tout comme en réception fixe, quitte à ramifier davantage ce réseau mobile par la planification de cellules radio plus petites, de toute façon indispensables en zone dense quel que soit la technologie employée.
On imagine bien par ailleurs les limitations de services à séparer le réseau offrant l'internet et le téléphone de celui de la télévision : problème de cohérence des couvertures déjà , le réseau TMP n'aura de sens que lorsqu'il aura comme la 3G une couverture nationale, c'est loin d'être le cas dans le plan actuellement prévu par le CSA. Problème de limitation des contenus aussi. Les chaînes ou opérateurs de contenus sur la TMP sont limités, sélectionnés par appel d'offre du CSA, alors qu'un accès des contenus via internet et la 4G sera sans limite, à l'image de l'accès aux contenus internet déjà disponibles en réception fixe. Enfin il y a le problème de la gestion des abonnés. Il faudra bien instaurer un modèle payant sur la télévision mobile, même partiel. Le risque est d'aboutir à la réalisation d'une véritable "usine à gaz" si les opérateurs de contenus se mettent à développer leurs propres systèmes de contrôle d'accès qui devront cohabiter dans un même terminal mobile avec le contrôle d'accès géré par les opérateurs de télécommunications.
On peut comprendre les propositions du CSA et du ministre de la Culture et de la Communication qui ne font que défendre leur secteur, mais ces propositions vont semble-t-il à contre-courant de l'objectif de l'emprunt lui-même censé préparer la France aux technologies gagnantes du futur, mais aussi à contre-courant des stratégies industrielles et de convergences informatique et télécom qui se développent actuellement dans le monde, notamment aux USA et en Asie.
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