Les écrans plats sont-ils écolos ?
Par David R., vendredi 3 juillet 2009 à 16:39 :: 16/9 et TVHD :: #232 :: rss
La multiplication des produits high-tech numériques dans les entreprises et chez les particuliers commence à inquiéter les défenseurs d'une planète propre.
Dans un récent rapport, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) s'inquiète de la forte croissance de la consommation électrique occasionnée par la multiplication planétaire des produits high-tech numériques, dans les entreprises et chez les particuliers. Le parc d'écrans plats, des ordinateurs, des téléphones portables, des GPS, des Ipod, des consoles de jeux et autres décodeurs numériques ne cesse de se développer et commence à préoccuper les défenseurs d'une planète propre.
Pour évaluer la contribution au développement durable des écrans plats - LCD ou Plasma - par rapport aux bons vieux écrans à tube, trois points méritent d'être analysés : la consommation électrique, le rayonnement électromagnétique et la facilité du recyclage des produits en fin de vie.
- Consommation électrique :
On peut être aujourd'hui rassuré sur ce point. Si à taille équivalente, les premiers écrans plats consommaient un peu plus que ceux à tube, les fabricants ont considérablement amélioré les choses, notamment avec l'arrivée du rétro éclairage à LED qui remplace le tube néon dans les écrans LCD. Ces nouveaux écrans LCD consomment beaucoup moins : en veille, la consommation serait de 10 à 20 fois moindre (0,2 Watts contre 5 Watts pour un tube de taille équivalente). Seuls les écrans Plasma dont les pixels s'illuminent de manière électrochimique et non par rétro éclairage affichent des consommations plus élevées, de 20 à 30% supérieures à celle d'un écran LCD de taille équivalente. Mais même dans ce domaine le Plasma fait des progrès avec l'usage de nouvelles technologies moins consommatrices que l'on rencontre parfois sous le nom de Neo PDP (nouveau plasma). Rappelons que le parc d'écrans LCD est largement dominant par rapport à celui du Plasma, ce dernier ne représentant que quelques pourcents des ventes sur le marché des téléviseurs.
- Rayonnement :
Sur ce point, on peut également être rassuré, car toutes les hautes tensions électriques qui existaient dans les écrans à tube ont disparu, diminuant ainsi très fortement les rayonnements électromagnétiques.
- Recyclage :
Cette question est plus délicate. Une des caractéristiques de tous les produits numériques est l'augmentation permanente de leur puissance de calcul et de traitement, puissance qui s'intègre dans des composants utilisant des matériaux de plus en plus sophistiqués. En fin de vie, certains matériaux nobles et/ou rares mériteraient de pouvoir être récupérés au moment du tri de recyclage. C'est le cas de métaux ferreux ou non ferreux comme l'aluminium, l'or, ou l'indium utilisé dans les écrans LCD. D'autres nocifs pour l'environnement mériteraient d'être isolés puis traités : c'est le cas de nombreuses compositions chimiques qui recouvrent les différentes plaques de verre présentes dans les dalles de pixels, de certains métaux comme le mercure contenu dans les néons LCD, ou le plomb utilisé dans certains verres.
La complexité des compositions chimiques et le fort degré d'intègration des composants (qui rendent d'ailleurs souvent les dépannages impossibles) sont tels qu'aujourd'hui encore la chaîne de recyclage des écrans plats n'est pas totalement maîtrisée. Des recherches coûteuses financées par l'écotaxe sont en cours pour résoudre progressivement les difficultés. Cette écotaxe payée par le consommateur lors de l'achat d'un écran plat représente de 2 à 8 euros selon la taille.
L'un des principaux enjeux pour les écrans LCD est de remplacer à terme l'indium servant à fabriquer les électrodes transparentes - et dont les cours ont explosé - par un carbonate extrait du graphite. Pour l'écran Plasma qui ne représente actuellement que 0,8 % des écrans arrivant en fin de vie, l'enjeu est surtout celui de la maîtrise chimique du traitement et de la dépollution des verres.
Afin d'aider les recherches pilotées en France par l'éco-organisme Eco-systèmes, la plupart des écrans plats en fin de vie et dont le nombre est encore faible (2 à 2,5% du total des écrans) sont actuellement expédiés vers des laboratoires d'études spécialisés.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.